Les Amis des Moulins de Régusse

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Le fonctionnement des moulins

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Les moulins de Provence ont une architecture commune, une tour de six mètres de haut et de six mètres de diamètre extérieur. L'épaisseur des murs est de l'ordre de un mètre. Sur cette tour est fixée une couronne fixe en chêne. Dans cette couronne, tous les cinquante centimètres, sont positionnés des galets, à l'origine en buis, qui vont servir chemin de roulement pour l'orientation du moulin face au vent dominant. Sur ces roulements on va poser l'ensemble "toit, mécanisme" fixé à une deuxième couronne, jumelle à la première, mais cette fois mobile. L'ensemble peut tourner de 360°. Cette rotation est effectuée par 'intérieur du moulin. Une équipe de 6 à 8 meuniers, par appuis successifs font pivoter le toit. Il faut à peu près une demi-heure pour passer du mistral au vent d'est (180°).

L'arbre principal sur lequel sont fixées les ailes mesure sept mètres de long et pèse 800 kg. C'est une pièce de chêne d'un seul tenant de section principal carrée, d'une cinquantaine de centimètres. Un porte à faux extérieur de 1,40 mètre va permettre de fixer les ailes. Ces quatre ailes représentent un poids de 1450 kg. L'ensemble "toit, mécanisme" étant simplement posé sur la couronne fixe, pour maintenir l'ensemble en équilibre l'astuce consiste à incliner l'arbre principal de façon à effectuer un transfert de charge sur le toit. L'extrémité opposée aux ailes (point bas) est bloquée par un heurtoir empêchant l'arbre de descendre. Cette extrémité de l'arbre est gainée de cuivre et tourne sur un palier fer sur bronze graissée abondamment. De l'autre côté, le mécanisme travaille sur un palier ouvert. Ce palier est en marbre il évite ainsi l'échauffement qu'il y aurait si il y avait un frottement bois sur bois. A l'extérieur, en bout d'arbre, deux cavités, disposées perpendiculairement, reçoivent les mats des ailes. Afin que le bois ne fende pas sous l'effort des ailes, l'arbre est cerclé d'acier à ce niveau.

 

La force motrice donnée par le vent va entraîner l'arbre principal. Sur cet arbre est fixée le "rouet" ou "grande roue". C'est l'une des deux pièces qui composent l'engrenage de renvoi d'angle. D'un diamètre de 2 mètres elle est équipée de 40 dents, les alluchons. Autour de cette grande roue un frein à tambour, dénommé frein de parking, permet d'arrêter le mouvement. Ce frein est commandé par une poutre en chêne à l'extrémité de laquelle est fixé un volant doté d'un pas de vis. (Toutefois ce freinage correspond à un frottement bois sur bois, il faut veiller lors de son utilisation au risque d'échauffement qui pourrait amener un incendie).

La lanterne, (ou "lanterneau") il s'agit de la deuxième partie de l'engrenage. Elle est composée d'une cage comportant 8 barreaux en cormier. Le rapport 'alluchons/barreaux' est de 5, donc quand les ailes font un tour, la meule tournante fait 5 tours. L'axe au dessus de la lanterne est maintenu par une pièce de bois appelé poêlier. L'axe, sous la lanterne, est appelé le gros fer, il est de section carrée et transmet la puissance des ailes à la meule tournante.

Deux meules sont nécessaires pour moudre le grain. Une meule inférieure posée sur le lit du moulin, elle ne bouge pas, elle est appelée meule dormante. Elle est percée en son centre d'un trou permettant le passage du petit fer, pour que le grain ne s'échappe pas entre ces deux pièces, une étanchéité est faite par une pièce en bois, le boîtard. Au dessus, la meule tournante, elle est percée en son centre d'un trou d'une vingtaine de centimètre l'œillard. Une pièce métallique, l'anille, fixée dans ce trou va recevoir le gros fer pour entraîner la meule. Les faces en vis à vis des deux meules sont creusées de sillons partant de centre, assez larges, vers l'extérieur, très fins. Sous l'action de la force centrifuge de la meule tournante le blé entre dans ces sillons pour ce faire broyer.

Sous l'anille, le petit fer vient en pivot, il est commandé, au rez de chaussé du moulin, par une poutre en chêne à l'extrémité de laquelle est fixé un volant doté d'un pas de vis. Cet ensemble permet de régler l'espace entre les deux meules et donc d'affiner la qualité de la farine qui est fournie. Quand le moulin est au repos cette commande permet de poser la meule tournante sur la meule dormante.

Nous connaissons maintenant le fonctionnement du moteur; des ailes à la meule tournante. Voyons maintenant comment on passe du grain à la farine.

Les meules sont enfermées dans un coffre en bois, l'archure, recouvert d'un couvercle ouvrant permettant de voir le travail des meules. Sur ce couvercle une trémie peut recevoir jusqu'à 50 kg de blé. Sous la trémie, l'auget conduit le blé jusqu'à l'œillard. Un coté de l'auget est plus long, il est frappé par chaque angle du gros fer, lorsque celui-ci tourne, ce qui permet au blé de tomber dans les meules. Le bruit du gros fer contre cette planche permet d'estimer à l'oreille la vitesse de rotation du moulin. Une fois le blé entre les meules, il est broyé et la farine est éjectée dans l'archure. Un racloir fixé à la meule tournante ramène la farine et le son jusqu'au conduit à farine qui descend au rez de chaussée du moulin jusqu'à la huche.

Ce moulin n'étant pas équipé d'une bluterie pour séparer la farine du son, il sera nécessaire de tamiser manuellement notre farine.

Mise à jour le Mardi, 17 Mars 2009 14:12  

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